Web inclusif, conférence et diversité

Initialement publié sur medium, si vous voulez voir les commentaires.

Lors du dernier Parisweb une conférence informelle avait pour sujet « pour un Web plus inclusif ». Je ne suis pas allé pour diverses raisons que je vais détailler par la suite, mais quelques échanges ont eu lieu sur twitter et une petite restitution a été faite sous la forme d’un lightning talk à la fin.

Inclusif

Déjà, une remarque avec le terme « inclusif ». il est aujourd’hui utilisé très souvent comme synonyme de discrimination positive. Et donc dans discrimination positive, il y a « discrimination ». Dans bien des cas l’application d’inclusif se traduit par la création de catégories, sous catégories et de sous-sous catégories basé sur le genre, la sexualité ou l’ethnie pour au final dire : « toi : oui ; toi : oui ; mais toi non »

Et cela est interdit par la loi :

Ça exclut aussi de faire des fichiers contenants ces informations.

Conférence(s)

Un sujet abordé lors de cette informelle et qui est apparu sur Twitter, c’est le cas des conférences Web au sens large.

Je préviens que je suis assez chatouilleux sur ce sujet car j’organise (les UXdays, 450 personnes à Paris autour de l’UX) et je participe en tant qu’orateur à de nombreuses conférences. Ça a le don m’énerver quand dans gens se plaignent sans avoir bougé le petit doigt à part pour taper un tweet incendiaire sur leur clavier.

Il arrive donc régulièrement que les organisateurs de conférences soient pris à partie à cause de la faible présence des oratrices parmi les orateurs ou à cause de l’attitude de certains participants qui se permettent des actes ou commentaires déplacés notamment sur les réseaux sociaux. C’est deux problèmes différents mais qui se rejoignent sur certains aspects.

Le comportement de certains participants

Je vais être assez bref car je n’ai jamais été confronté à ces problèmes. Ça arrive sous plusieurs formes, soit des oratrices prisent à parti lors de leurs conférences, soit après sur les réseaux sociaux, soit du harcèlement sexuel pendant et autour de l’événement. Si ça arrive sur le lieu de conférence, les organisateurs doivent intervenir et faire respecter le règlement ou le code de conduite, si ça dépasse certaines limites, c’est à la police ou aux pompiers de prendre le relais. Restent les réseaux sociaux qui sont un vrai souci, car il est difficile pour les organisateurs d’y intervenir efficacement, à moins d’avoir la personne sous la main.

Il est possible de prendre les devants en créant une atmosphère bienveillante, protectrice qui de fait repoussera les cancrelats mais ça n’a rien d’évident et d’infaillible. Pour commencer simplement, on peut éviter la consommation d’alcool au cours de l’événement en dehors des moments festifs et même là ça ne sera pas open bar. Et les organisateurs doivent être facilement joignables et identifiables.

En dehors, de ça les organisateurs ne sont pas la police, ni la justice et ce serait une erreur de vouloir qu’ils le soient. De plus, chaque personne peut être attentive aux autres autant que les organisateurs.

Revenons à des choses plus constructives.

Appel à orateurs et oratrices !

Une grande majorité des conférences fonctionnent sur le principe d’un appel à orateurs. Celui-ci permet à chacun de proposer un sujet qui sera retenu ou non dans une phase de sélection. L’avantage de ces appels est que chacun peut proposer un sujet. Pour les organisateurs, ça permet de voir les sujets qui sont à la mode et de découvrir des personnes qui souhaitent intervenir pour la première fois. Et ça évite de se restreindre à son cercle de connaissances même élargi. Certain recommande de faire un dépouillement anonyme, mais dans les faits ça ne change rien aux résultats. Et concrètement, en tant qu’organisateur vous êtes obligés à un moment ou un autre de vous assurer d’avoir des orateurs « fiables » qui seront présents et prêts le jour J, qui ne vendront pas leur soupe et qui sont un minimum légitime sur leur sujet. Vous pouvez aussi mettre en place un accompagnement des orateurs avec une répétition de leur présentation ou une formation. Ça permet de les « fiabiliser » mais à ma connaissance, ça a peu d’effet sur les propositions initiales.

C’est en fait un processus assez complexe de réaliser un programme de conférence. Car il faut trouver un équilibre entre les thèmes abordés, entre des orateurs novices qui vont apporter un point de vue nouveau et des orateurs connus qui vont attirer du monde, le tout en fonction d’un public plus ou moins expert.

J’aurai bien envie de vous dire que la création d’un cadre bienveillant à un impact positif sur le ratio orateur/oratrice, mais malheureusement je crains que ce soit un mensonge. Par exemple, pour l’Uxdays, on ne fait rien de particulier pour ça et on est la parité. Pourquoi ? À mon avis, parce que notre cible est aussi proche de la parité.

À l’inverse quand je vois une association comme l’AFUP qui déploie de nombreuses méthodes : « PHPUser groups féminins contactés à chaque CFP. Femmes speakers sollicitées en direct. » mais qui n’y arrivent pas ?

De l’efficacité des méthodes proposées ?

Est ce que les méthodes proposées dans cette liste sur geekfemisnm par exemple sont efficaces ? C’est effectivement plein de bons sentiments, mais dans bien des cas les principales intéressées ne sont pas d’accord avec le fait d’être favorisée. Oui, quand j’ai posé explicitement la question pour les UXdays, la réponse a été non et elle est venue des femmes présentes. Et d’autres retours dans ce sens m’ont été faits ou sont apparus dans les discutions.

L’accessibilité est une obligation pour tous et pas seulement pour les femmes. Le fait d’allaiter et d’avoir un endroit calme pour le faire n’est pas réservé aux femmes, un homme capable est de tenir un biberon et de changer des couches. De même, indemniser les orateurs pour les déplacements et l’hébergement, leur offrir l’entrée est une pratique courante.

Est ce qu’un code de conduite rassurant est efficace ? Dans le cas des UXdays, il a été vu 343 fois en un an, soit moins que le nombre de participants. J’ai donc un gros doute sur l’effet produit.

Je vous passe le fait de contacter individuellement des personnes pour les inciter à participer à l’appel pour finalement leur dire « non, ton sujet n’est pas pertinent ». C’est simplement du foutage de gueule. Si on sait que la personne à quelque chose de pertinent à apporter, on l’invite et si besoin on construit avec elle son intervention.

Sur une diversité au sens large liée à l’ethnie, la sexualité. La réponse est simple en France c’est illégal. Vous n’avez même le droit de faire le fichier qui permettrait de faire ce tri.

La curation ?

Alors la solution serait dans la curation (prendre soin) des orateurs et des oratrices, peut être mais ça veut dire qu’on ne passe pas par un appel à orateurs ou partiellement. Les organisateurs ont, dans ce cas-là, plus un rôle éditorial que de sélection. Ils doivent alors trouver les bons intervenants avec le risque de passé à côté certains et de se limiter à des personnes un minimum connu ou identifier dans leurs réseaux.

Que les « vieux orateurs » passent leurs tours ?

L’idée a été évoquée sur twitter et exposé par Julien. Alors, personnellement, comme je l’ai expliqué dans cette vidéo, je n’arrive pas à ne pas m’impliquer dans un événement. Donc ma réponse est nécessairement faussée. Il y a certes plusieurs moyens de s’impliquer dans un événement et pas seulement comme orateur, mais aussi comme organisateur.

Comme organisateur, la phase d’appel à orateurs est toujours un moment un peu bizarre, d’attente mêlé de joie et de déceptions. Les futurs orateurs ont tendance à attendre le dernier moment pour proposer. On attend donc certains habitués que l’on sait être de bons orateurs et qui permettront de garantir une certaine qualité pour la conférence. On attend des sujets qui sortent de l’ordinaire. On attend de nouveaux orateurs inconnus au bataillon mais on va prendre le risque de les retenir. On observe aussi des sociétés (ou des services au sein d’une société) qui incitent leurs salariés à proposer un sujet et les coachs pour cela. Le nombre de propositions retenues est aussi un indicateur de la qualité à venir et de la reconnaissance de l’événement.

Donc si une année, tous les « vieux orateurs » passent leur tour, en tant qu’organisateur je suis mis en difficultés. Et je vais me poser la question de savoir pourquoi je n’ai plus ce groupe de « vieux orateurs », qu’est ce que j’ai fait pour les perdre ?

Donc pour moi, en tant qu’orateur/organisateur, le meilleur moyen de soutenir une conférence c’est de proposer des sujets. Bien sûr, pas des sujets vite faits, mais des sujets sur lesquels je suis pertinent, où j’ai envie d’exprimer des choses ou faire réfléchir.

Je pense aussi que les « vieux orateurs » peuvent avoir un rôle de mentor et encourager les plus jeunes. Ils ont aussi un jour fait leur première conférence ! Présenter une conférence à deux est un bon moyen de mettre le pied à l’étrier à un collègue plus jeune qui n’ose pas le faire. Je pense à par exemple à Nicolas Guenin et Matthieu Bué cette année à ParisWeb. Je l’avais fait aussi il y a quelques années avec Julien Champagne.

L’aspect financier

Oui, encore une fois dans les bons sentiments, on oublie le nerf de la guerre : les aspects financiers. Alors certaines conférences sont sponsorisées à mort et se foutent royalement de la diversité. Mais les associations qui font des conférences sont nombreuses et dans bien des cas l’équilibre financier est vrai soucis au même titre que la diversité.

Quand vous engagez des dizaines de milliers d’euros (50 000 à 70 000 € pour l’UXdays), c’est peu stressant. Il faut alors contrôler le budget. Et par exemple, louer une salle en plus, pour en faire un endroit calme, est facturée près de 1 000 € sur Paris. Des interprètes en langue des signes, c’est 3 000 €. Un traiteur de qualité pouvant proposer des repas végétariens, comptez 10 € de plus par personnes. Etc.

Mis bout à bout, on rigole moins. Ces conférences reposent aussi sur le bénévolat et le temps des bénévoles n’est pas extensible, le temps passé à chouchouter les potentiels orateurs n’est pas passé à chercher des sponsors et si on a pas de sponsors on augmente le prix pour les participants excluant les plus démunis. Jean-Philippe disait avec humour à la fin de ParisWeb « Pour une conférence sur l’accessibilité, je préfère avoir des traducteurs LSF et que vous mangiez des sandwichs jambon-beurre » Ça illustre bien les choix qui doivent être faits, les personnes sourdes ou la qualité des repas ? Et donc, je le rajoute, l’exclusion des personnes végétariennes/ne mangeant pas de porc.

Quand on parle de temps, il faut compter un jour de travail par semaine sur toute l’année pour le président et les membres du conseil. Alors quand en un tweet, une personne essaie de démolir le travail d’une année (et en fait de plusieurs vu qu’une conférence se construit dans le temps) tu comprends qu’elle va rapidement heurter le mur des cons !

Du côté participant, si vous n’êtes pas salariés et/ou que vous payez pour aller à une conférence ça coûte entre 500 et 1 000 € en comptant l’entrée, le voyage et l’hébergement, sans parler des grandes conférences style CHI qui est à plus 1 500 € rien que pour l’entrée. Je vois ceux qui disent déjà « mais tu es orateur pour ne pas payer tes frais » alors je vais remettre les choses au clair tout de suite. Une conférence de 45 minutes comme celle que j’ai faites il y a deux ans sur “science-fiction et interactions” m’a pris une bonne semaine préparation à plein temps, plus du temps longtemps avant pour identifier les films, trouver les extraits, etc. Un lightning talk demande souvent plusieurs jours de mise au point pour 5 minutes. Un atelier demande du temps pour préparer l’atelier, les supports et faire un essai, ajuster. Donc on est toujours sur plusieurs jours de travail ! Et pour infos un jour de travail chez moi c’est 800 € HT. Je vous laisse faire le calcul.

Mais revenons au sujet, si on prend le temps de préparation d’une conférence de 45 minutes qu’on l’ajoute au temps des diverses tâches dont s’occupe une femme salariée avec des enfants qui n’ai pas aidé par son conjoint (ce qui restent la majorité des couples) et dont la hiérarchie ne l’encourage pas activement à participer à des conférences, que ce passe-t-il ? C’est simple ça ne rentre pas dans une journée, une semaine ou un mois.

Mais où est la solution ?

Sans doute ailleurs, car ce que j’observe c’est qu’une grande partie de ces problèmes sont des problèmes de société. Que ce soit pour l’attitude de certains participants, que les femmes ne soient pas soutenues par leurs conjoints, ou leurs sociétés, qu’elles n’occupent pas ou moins de postes à responsabilités et ne soient donc pas invitées, c’est un problème de société.

Les organisateurs ne sont pas responsables des problèmes de société et ils ne vont pas changer le monde. Ils œuvrent chacun à améliorer les choses, dans leur domaine mais un évènement ça reste un ou deux jours sur une année.

Les solutions qui peuvent être proposées ne sont pas spécifiques à une partie de la population. Elles doivent bénéficier à tous sans léser une autre partie de la population. Ce que je retiendrais c’est que des actions sont réparties entre tous :

  • Un « vieux orateur » peut proposer à jeune de faire une conférence en commun.
  • L’organisation peut faire une partie de curation pour aborder certains sujets et inviter des intervenants pertinents.
  • L’équipe d’organisation doit être bienveillante, mais c’est aussi à tous les participants d’être attentifs aux autres.
  • Et c’est aussi à vous de faire changer les choses dans vos entreprises, en créant par exemple des groupes incitant à répondre aux appels à orateurs, impliquant des femmes, accompagnant les nouveaux.

Pour conclure, je vous rappelle que pour changer durablement les idées, et la société, il faut commencer par changer les comportements et pas l’inverse.

Aller courir à la tombée de la nuit

Voir les montagnes resplendissantes dans le crépuscule

Le vent, la grêle, le chemin tracé par la neige, les ajoncs griffus

Se sentir vivant

Se dire finalement que ces chaussures de trail en gore-tex qui ont coûté un bras, c’était une bonne idée.

AnniMénagement

Pour ceux qui n’ont pas suivi les épisodes précédents, j’ai déménagé au pays basque, il y a maintenant un an. Je l’avais déjà évoqué là. Il y a quelques jours Marie Guillaumet faisait le point sur sa première année en Bretagne. Alors je vais en faire autant, dans la mesure du possible en abordant quelques points un peu dans le désordre.

« Tu as bien de la chance »

Déjà une des phrases que j’ai entendue régulièrement cette année, c’est « Tu as bien de la chance d’habiter au pays basque ! » Et bien non, ce n’est pas la chance. C’est une décision à prendre que celle de déménager. La chance n’a rien à voir. Il y a certes des motivations et des choses qui font que la situation antérieure vient de moins en moins acceptable. Ce n’est pas forcément des éléments importants, pour moi c’était simplement les retours de vacances et la dernière heure de route, devenu un cauchemar, entre Rambouillet et Versailles qui traverse des zones commerciales et d’entrepôts. Ça me gâchait les vacances et j’avais de plus en plus de mal à faire cette route.

Mais après cela, il faut juste sortir de sa pseudo-zone de confort et faire en sorte que le changement arrive, mais ça ne tombe pas du ciel.

Les petits avantages et inconvénients

Le pays basque présente quelques avantages notables en termes de qualité de vie : le soleil, la montagne, la mer, la bouffe et bien des choses. Il faut voir aussi que le rythme de vie est largement moins stressant qu’en région parisienne. Les temps de transports vers le travail sont souvent réduits et la pression sociale est bien moindre. Quand je dis pression sociale, c’est que les 4X4 servent effectivement à rouler sur des chemins défoncés et pas à frimer à la sortie de l’école.

Bien sûr pas de vagues de pollutions, l’eau du robinet est de l’eau de source non traitée, ni filtrée ce qui a tendance à boucher les filtres des robinets en cas de fortes pluies (ce qui n’arrive jamais ou presque). Les seuls embouteillages sont dus à un tracteur, un troupeau de vaches ou de moutons sur la route. On oublie les routes droites, il faut réapprendre à conduire notamment à moto. Il faut un peu anticiper, prendre le rythme pour pencher correctement la moto dans les virages, lire la route pour éviter les zones glissantes à l’ombre ou à la sortie d’un champ. Conduire de nuit, sans aucune lumière si ce n’est les phares de la moto, c’est bête mais en région parisienne, il y a toujours un éclairage.

En parlant de ça, l’éclairage s’éteint la nuit dans le village, pour se rallumer un petit matin. C’est tout simple mais ça fait des économies et ça évite d’éclairer la lune.

Dans la liste des détails qui changent les choses, il y a la cantine des enfants. Les menus sont réalisés sur place avec des produits locaux, pour une partie en culture bio (et non par une entreprise dans une cuisine centrale). Résultat, après un sondage auprès de 4 enfants représentatifs de ma population : « c’est bon ! » et ça leur évite de se goinfrer au goûter.

Travailler à distance

Une partie de mon travail se fait à distance, c’était déjà le cas avant de déménager et c’est toujours le cas. Ce n’est pas une vraie nouveauté donc. La seule différence c’est que je ne peux pas faire de mission « en régie » mais la dernière, c’était moyennement passé. J’avais de toute manière décidé de ne plus en faire.

La distance peut effrayer certains clients, mais je dirai c’est un mal pour un bien. Si le client n’est pas capable de travailler à distance, c’est probablement qu’il n’est pas capable de travail un Free-Lance et donc va le considérer comme un simple salarié qu’il doit voir pour penser qu’il travaille.

Certains diront qu’il n’est pas possible de travailler à distance, pour plein de mauvaises raisons « Oui, mais dans notre cas, il faut être là pour échanger constamment » Non, c’est juste que vous ne savez pas communiquer et travailler de manières coordonnées. Pour donner un exemple, avec FLUPA, on organise une conférence de deux jours et on fait tourner l’association à distance sans quasiment se voir.

La contrainte c’est qu’il faut que je me déplace pour certaines activités, comme les tests utilisateurs, les observations et certaines réunions. Mais c’était déjà le cas avant en particulier pour les observations d’utilisateurs in situ.

Coworking

Sans doute le point plus important en termes de travail, en arrivant au pays basque, j’ai contacté un espace de coworking. Il faut noter que sur Paris, je ne les fréquentais qu’à l’occasion des événements. J’ai commencé à travailler en Free-Lance, le coworking n’existait pas et j’ai clairement laissé passer l’opportunité d’y travailler quand ils se sont développés. Donc là, je n’ai pas refait la même erreur.

Sur le pays basque, les espaces de coworking sont naissants, celui où je vais existe depuis près de 2 ans et demi sur Biarritz. Il y en a un autre qui s’est créé en début d’année sur Bayonne, les deux se développent à vitesse grand V. Pour donnée, une idée le nombre de coworker a été multiplié par 3 en 9 mois depuis qu’on a changé d’espace pour un plus grand. Mais avant tout le coworking m’a permis de rencontrer du monde, de ne pas être totalement perdu en arrivant et de pouvoir échanger avec d’autres Free-Lance qui travaillent dans domaines bien différents. Le coworking pays basque a aussi une structure associative, participative qui permet à chacun de s’impliquer à la hauteur de ses envies. J’ai aussi commencé à découvrir toutes les initiatives autour des tiers lieux qui sont faites en dehors des circuits classiques des entreprises ou des services publics. Ça m’a permis aussi de comprendre un peu l’écosystème des entreprises au pays basque et d’identifier les actions que je pourrai faire pour trouver des missions plus locales.

Créativité et découverte

Il y a quelques années je faisais régulièrement de la photo argentique, surtout du noir et blanc, souvent de nuit. Le noir et blanc est une approche assez particulière de la photo, car il faut interpréter ce qu’on voit en couleur, analyser l’ombre et la lumière et projeté ce que ça donner au final. Avec le temps, l’arrivé du numérique, j’avais laissé de côté la photo. En plus le poids d’un appareil reflex me rebutait pour le transporter régulièrement. J’ai bien acheté un petit compact pro qui fait bien son boulot, mais je n’avais pas trop de sujets, de thèmes à photographier. Mon iPhone est aussi un appareil photo très acceptable pour tous les jours et pour les photos avec filtres.

L’arrivé au pays basque m’a donné envie de faire découvrir cette région. Ça a commencé par une boutade, sur twitter, avec « non rien… » et une photo presque chaque jour. C’était suivi de quelques réactions de « jalousie ». J’ai alors créé un petit site afin de publier régulièrement ces photos.

En plus de cela, j’ai investi dans un appareil photo hybride, un Leica T. L’avantage principal de ce type d’appareil est que le boîtier est léger et seul l’optique compte vraiment. Certes certaines optiques sont relativement lourdes, mais globalement c’est deux fois plus léger qu’un reflex « normal ». Il se trouve en plus que l’interface du Leica t est bien conçue, ce qui ne gâche rien au plaisir. Tout ça pour dire, ça a été l’occasion de retrouver le plaisir de faire la photo.

Dans les découvertes faites, il y a aussi tout un pan de la culture basque que je ne connaissais pas. J’ai commencé à prendre des cours de basque, oui, car ici le basque est une langue vivante. Pour donner un exemple, la plupart de mes voisins le parlent, ainsi que leurs enfants qui vont à l’ikastola (école en langue basque). Le nombre d’événements culturel ou simplement associatif, impliquant la culture basque est juste impressionnant. Peu après que je sois arrivé, la fête organisée dans le village de 800 habitants où je vis a impliqué 120 personnes pendant 9 mois, pour faire un spectacle qui a attiré plus d’un millier de personnes et 3 jours festivités. Pour en revenir au basque, et malgré le dicton qui dit que le diable n’a jamais pu l’apprendre et donc tenter les basques, je trouve cela relativement facile même si la structure est très différente des langues latines. Une fois qu’on a compris comment ça marche, ce n’est pas bien compliqué, il faut « juste » apprendre du vocabulaire… « juste » du vocabulaire. Pour tout vous dire, je sais pourquoi ça me semble facile. Je suis dyslexique. Une langue comme l’anglais où les phonèmes sont très différents des graphèmes est juste une horreur. Le basque est une langue orale retranscrite à l’écrit, donc sans différence entre l’oral et l’écrit. Et ça, ça me change la vie.

SNCF, Paris et autre déplacement

Comme la majorité de mes clients restent sur Paris et que j’y donne des cours, je fais des allers et retours environ toutes les deux semaines entre Bayonne et Paris. J’ai la chance de loger chez ma sœur sur Paris. Le train à l’avantage sur l’avion d’avoir un prix fixe, ou à peu près, mais aussi de permettre de travailler pendant le trajet. Par contre, il faut prévoir que les retards sont possibles et pas exceptionnels contrairement à ce que veut nous faire croire la SNCF. L’autre avantage du train est aussi d’avoir un bilan carbone correcte, même si je sais bien comment est produite l’électricité en France.

Ces déplacements sont « conformes » à ce que j’avais prévu, mais ça reste relativement lourd à gérer, surtout dans les périodes de travail intenses quand d’autres déplacements viennent s’accumuler comme en juin avec des conférences à Nantes et Strasbourg.

Argent, logement et autres détails

Si nous (ma femme, mes enfants et moi) avons déménagé au pays basque, c’était principalement pour gagner en qualité de vie et l’opération est réussie. Ils nous seraient impossibles de revenir en arrière et retourner sur la région parisienne. Le loyer de notre logement a été divisé par 2 et des poussières passant de 1 900 € à 720 € pour une surface un peu supérieure. C’est aussi un facteur permettant de diminuer le stress de devoir payer le loyer tous les mois, sur un an c’est 14 000 € de moins à sortir par an. Mes finances s’en portent d’autant mieux. La prochaine étape est de trouver une grande maison à la place d’une location !

En parlant argent, la liste de ce qui coûte moins cher est presque infinie :

  • L’école privée, une année ici coûte un trimestre en région parisienne et il n’y a pas « bonus » genre la sortie à 50 €.
  • La bouffe, pour une qualité bien meilleure, et un prix deux à trois fois inférieur aussi bien au restaurant que dans les commerces. En plus, le boulanger fait vraiment du bon pain au levain, farine t80 ou épeautre. J’ai donc arrêté d’en faire.
  • Les assurances,Les sports : équitation, piscine, …

Petit détail amusant, j’ai dû refaire ma carte d’identité et même temps j’ai fait une prestation sur les services de la Mairie de Paris dans laquelle j’étudiais cette procédure. La version pays basque est largement plus simple que la version parisienne. Là, ça a du prendre 5 minutes maximum, sachant la secrétaire de mairie me connaît plus ou moins, et a identifié dans quelle maison j’habitais. On ne se fait pas la bise mais ce n’est pas loin. La version parisienne était largement moins conviviale et bien plus longue.

Alors, la suite ?

Je ne vais pas prédire ce que ça l’avenir, mais je vais probablement chercher à avoir plus de travail à proximité. La proximité va de Bordeaux à Toulouse. Mais ça passera peut-être aussi par développer une activité différente plus locale afin de réduire les déplacements.

Petite course à Anglet

Petit entrainement dans la foret de Montbrun
Montbrun 7 mars

Non rien…

Commencer comme un boutade sur twitter où je postait des photos avec juste le commentaire « Non rien… »  vous trouverez par là suite de l’aventure qui c’est peu professionnalisé.

nonrien.eu

L1010244

Page 1 de 912345...»|